Jovenel Moïse met le système financier en danger, alerte Fritz Alphonse Jean

Written by on November 8, 2019

L’ancien gouverneur de la BRH, l’économiste Fritz Alphonse Jean, a analysé certaines mesures prises par l’exécutif alors que le pays s’enlise dans une crise multidimensionnelle. Invité à la matinale de Magik9, il estime que la décision du gouvernement d’ajuster le salaire minimum ou encore son bras de fer avec certaines entreprises contribuent à fragiliser la situation socio-économique. « Cette décision fragilise encore plus le peu de ce que nous avons », soutient-il. 

Sur le salaire minimum, Fritz Jean souligne que les secteurs étaient d’accord depuis longtemps sur le fait qu’il faut un ajustement en raison des conditions de vie difficiles de la population, de l’inflation, du taux de change, entre autres « Cependant, cela doit se faire dans l’ordre. L’exécutif avait banalisé la situation en ajoutant un montant dérisoire aux salaires alors que cela concerne une bonne partie de la population. En pleine crise, on décide de faire cette augmentation alors que les entreprises font face à d’énormes difficultés. Si l’on calcule le montant en dollars, il est inférieur au montant d’octobre 2018. Cependant, il faut tenir compte de l’environnement. Les petites et moyennes entreprises sont aujourd’hui à genoux. C’est une décision démagogique de la part de l’exécutif », tranche-t-il. 

L’économiste Fritz Alphonse Jean critique plus loin l’exécutif qui a adressé une note à la BRH, lui demandant de ne pas payer une obligation (lettre) qu’elle avait envers des firmes de production d’électricité. « Les gens ne comprennent pas le travail qui a été fait par les différents conseils d’administration pour que la BRH soit acceptée dans la compensation au niveau international. On ne peut pas fragiliser la banque centrale en l’ordonnant de ne pas payer ses obligations. Avec la lettre de crédit, la firme peut avoir d’autres obligations au niveau local ou au niveau international. Quand on révoque la lettre de garantie qui permettait de faire des transactions au niveau international, on fragilise le système financier et les entreprises qui le composent. Il faut que des professionnels,  des personnalités du secteur privé ou de la presse, des gens raisonnables, demandent au président Jovenel Moïse de se raviser », estime-t-il. 

Pour avoir été gouverneur de la BRH, Fritz Jean indique qu’il aurait opposé une fin de non-recevoir à cette demande de l’exécutif. Dans la foulée, il a mis en garde contre toute velléité de fragiliser la banque centrale. « Ceux qui gouverneront après Jovenel Moïse hériteront d’institutions financières fragilisées », prévient-il.

Jean Daniel Sénat

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