Haïti-PNH-Protestation: les citoyens s’interrogent

Written by on February 20, 2020

Publié le 20 FÉVRIER 2020 | Haïti Press Network: Les actes de protestation des agents de la PNH regroupés au sein du syndicat de la police(SPNH) font l’objet de sérieuses interrogations et de vifs débats au sein de la société haïtienne. Les citoyens s’interrogent sur le bien fondé de ces protestations et d’autres préfèrent regarder les conséquences.

“Comment se fait-il, que des individus arrivent à paralyser à leur guise les activités dans le pays?” s’est interrogé un jeune homme dans la trentaine accompagné de deux enfants, en bas âge, qui revenaient de l’école.

Pour cette femme dans la soixantaine, il s’agit d’une prolongation du “pays lock” avec les mêmes revendications de la population. ” Monsieur les policiers ont faim et ils ne peuvent pas prendre le soin de leur familles” lance t-elle avec  colère. 

Ce jeune étudiant d’une vingtaine d’années avec un sourire sournois et visiblement gêné par les difficultés de la circulation bloquée, croit qu’il est inconcevable de laisser des hommes armes à la main dans une telle situation. “Au moins ils ont décidé de faire des manifestations, il y a d’autres qui vont voler avec leurs armes” fait il remarquer.

Cette commerçante ne va pas par quatre chemins, il s’agit de mauvaises décisions des dirigeants qui 

Mercredi après midi, la commune de  Pétion-Ville, le Centre-Ville Port au Prince, en passant par Delmas, Bourdon, Avenue John Brown et le Champ-de-Mars, les véhicules de transport en commun étaient très rares dans les principaux axes routiers.

A certains endroits, la circulation automobile était pratiquement impossible en raison d’un ensemble d’engins lourds qui ont été placés au travers des routes et grandes avenues et les citoyens ont été contraints de marcher pour s’empresser de rentrer, avec beaucoup d’inquiétude sur leurs visages, à la maison.

Une situation due à une deuxième journée de protestation, la deuxième en moins d’une semaine, la 4e depuis le lancement de la mobilisation des policiers pour exiger de l’Etat-Major de la Police nationale d’Haïti PNH), de respecter leur droit syndicale en dépit du fait que les règlements internes de l’institution policière ne tolèrent pas ce genre d’initiative.

Les policiers protestataires, pour la plupart en civil et tenant leur armes de service à la main, ont contraint plusieurs véhicules à rebrousser chemin. Des tirs nourris ont été entendus à certains endroits, notamment à Delmas et au niveau du Champ-de-mars.

Après le phénomène de « pays lock », marquée par la paralysie de toutes les activités en septembre et octobre 2019 et la recrudescence de l’insécurité notamment les enlèvements, une nouvelle crise semble se profiler à l’horizon, celle relative aux revendications des policiers.

Lundi, une manifestation a été organisée par les policiers protestataires, le mouvement avait pris fin avec l’incendie de tous les stands qui étaient en train d’être érigés au Champ-de-mars, à l‘occasion du carnaval national prévu et maintenu pour les 23, 24 et 25 février.

Mardi, sur demande de l’IGPNH (l‘inspection générale de la police nationale d’Haïti), la direction générale de la PNH a renvoyé 5 parmi les désormais ex-policiers qui avaient pris la tête des protestations visant à réclamer la jouissance de leur droit de mettre sur pied un syndicat au sein de l’institution policière.

Il s’agit de la coordonnatrice du SPNH, l’agent 2 Yanick Joseph, des inspecteurs Abelson Gros-Nègre et Jean Edler Lundi, de l’agent 2 Gédéon Monbrun et de l’agent 1 Yens Lamarre.

Ce jeudi, le porte parole adjoint de la Police nationale l’inspecteur Gary Desrociers a annoncé la formation d’un comité d’évaluation pour trouver un couloir de discussion avec les policiers protestataires.


La Brise FM | 104.9

[Camp-Perrin - HAITI]

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