Haïti-Collectivités : Fin de mandat des maires, les regrets inexprimés des élus locaux !

Written by on July 6, 2020

Publié le 05 Juillet 2020 | Haïti Press Network: C’est certainement avec regrets que plusieurs élus locaux laisseront leurs postes avec le sentiment du travail non fait pour certains et inachevés pour d’autres. Les élections dans le contexte où elles ont lieu avec une campagne très longue n’ont pas permis à ces agents de développement régional de satisfaire les besoins des mandants avec  des promesses non tenues de l’Exécutif en la personne de Jovenel Moïse.

En effet, le chef de l’Etat avait promis d’encadrer les élus locaux pour faciliter leurs tâches essentielles pour le développement des régions. Tel n’a pas été le cas. Des élus locaux laissés pour la plupart à la merci des députés qui ne sont pas des agents de développement mais souvent très impliqués dans des activités comme la percée ou la construction de route ; la construction de place publique, l’organisation de fêtes champêtres ; bref les maires relégués au second rang et qui devraient jouer le rôle de premier citoyen de la ville. Ces derniers ont été tout simplement écartés pour donner de la visibilité aux députés qui peuvent agir sur les projets de lois de finances.

Le résultat est là ! Des millions de gourdes dépensés pour rien, des conseils municipaux frustrés sans pouvoir réaliser leur programme pour leurs communautés. Pour les ASECs et les CASECs, on connait le refrain : Ce sont des bons à rien. Pour preuve, plusieurs ont dû attendre plusieurs mois avant de recevoir leur salaire et quel salaire s’il vous plait ! Un salaire de misère et qui ne facilite pas leur implication dans les affaires de la communauté. Ces agents qui sont souvent vus comme des chefs de section, n’ont pas le niveau intellectuel pour participer valablement au plan de la Municipalité sont eux aussi victimes des Maires qui décident souvent seuls.

Malgré la mise en place intelligente d’une structure regroupant les Maires du Pays pour mieux imposer leur volonté, FENAMAH(Fédération nationale des maires d’Haïti), les maires n’ont jamais su contraindre le pouvoir central de revoir leur politique face aux collectivités territoriales. La FENAMAH a même demandé au Président de couper en deux le ministère de l’intérieur et de mettre un ministre chargé des collectivités. La voix de Jude Edouard, Président de cette structure n’a pas été entendue.

Les pratiques malsaines qui veulent que si un élu local n’est pas de la même famille politique que le pouvoir central, soit traité en parent pauvre reste l’un des moyens utilisés pour affaiblir ces agents qui sont souvent de bonne foi. Mais la priorité est donnée directement aux députés qui peuvent négocier au parlement. Des députés qui s’en donnent à cœur joie.

Certains soulignent à raison la faiblesse des collectivités dans la mise en place de plan de développement régional. Les compétences manquent et la gestion de ces structures difficiles avec les militants qui demandent à intégrer l’Etat à tout prix. Mais ce n’est pas une raison d’affaiblir ces structures dont le budget a été confié au ministère de la Planification qui souvent utilise les fonds de développement des collectivités comme bon lui semble. D’ailleurs en République dominicaine, nous voyons la différence pour ceux qui connaissent le territoire voisin : Des rues propres et un environnement verdoyant ! Et la gestion est assurée par des agents de la Mairie renforcés par de nouvelles compétences et des techniciens formés à cette fin.

Les Maires partiront sous peu, bon nombre d’entre eux l’ont déjà confirmé, mais avec quel bilan et quels moyens se demandent plus d’uns ? Des Mairies qui ne peuvent même assurer une bonne gestion des ordures faute de budget mais encore une tâche confiée au service national de gestion de résidus solides(SNGRS). Une situation qui oblige certains employés de la voirie à plier bagages. Et l’on voit toujours les conséquences, les égouts sont remplis d’ordures et les puantes restent à la surface avec des incidences sur la chaussée et sur la circulation des véhicules. Peut-on faire ça à des citoyens qui veulent vivre dans un environnement sain, propre et verdoyant ? La mairesse de la ville de l’Arcahaie Rosemila Petit Frere l’avait clairement rappelé au chef de l’Etat le 18 mai 2019 lors de la célébration du  216e anniversaire de la fête du drapeau à l’Arcahaie : «  Le drapeau implore notre pitié » !

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