Parlement/Caducité Joseph Lambert revient à la tête du « Sénat » et dénonce la nomination du CEP et du Comité consultatif sur la Constitution…

Written by on January 13, 2021

Publié le 2021-01-12 | Le Nouvelliste: Un an depuis que le président de la République avait dit constater la caducité du Parlement à travers un tweet. Pour rester fidèle à sa position, du 13 janvier 2020 à aujourd’hui, Jovenel Moïse n’a jamais fait référence aux dix sénateurs encore en fonction ni ne les a consultés sur aucune de ses décisions. Le sénateur Joseph Lambert, qui revient ce mardi à la tête du Sénat de dix membres, a dénoncé le fait que le chef de l’Etat a pris la responsabilité de nommer un Conseil électoral provisoire et un Comité consultatif sur la réforme constitutionnelle « sans consulter le Sénat ».

À l’issue d’une élection tenue le mardi 12 janvier, Joseph Lambert remplace Pierre François Sildor au poste de président de ce qui reste du Sénat. Déjà, le sénateur du Sud-Est fait des vagues à la tête d’un Sénat moribond et insipide ces 12 derniers mois.  D’entrée de jeu, Joseph Lambert s’attaque à la nomination du Conseil électoral provisoire et du Comité consultatif sur la réforme de la Constitution. Non que ces institutions soient illégales ou inconstitutionnelles, mais parce que Jovenel Moïse n’avait pas consulté le Sénat avant de les nommer.

Le parlementaire a dit constater que « le Conseil électoral provisoire a été nommé sans prestation de serment par-devant la Cour de cassation. Un Comité consultatif sur la Constitution a été nommé alors que nous autres au Sénat nous n’avons jamais été consultés par l’exécutif. L’histoire retiendra qu’il y a un président au Sénat debout pour défendre le prestige du Sénat et montera la garde contre toutes les dérives, d’où qu’elles viennent », a affirmé Joseph Lambert.

Le sénateur annonce que tout juste après son élection à la tête du Sénat, il appellera au téléphone le président de la République pour travailler avec lui « sans arrière-pensée ».

« Nous devons scrupuleusement respecter à la fois la Constitution en vigueur et les lois de la République. À un moment où tous les prescrits de la Constitution ne peuvent pas être  respectés, il faut un accord politique afin de donner une teinte de légitimité à un ensemble d’actes, que ce soit un décret, une mesure administrative ou une mesure politique », a exhorté Joseph Lambert.

Deux fois président du Sénat, l’élu du Sud-Est a reconnu que le Sénat est dysfonctionnel depuis le 13 janvier 2020. « Mais cela ne veut pas dire la disparition du Sénat », a avancé Joseph Lambert qui, ces derniers mois, n’avait fait aucune déclaration publique.

« De manière peu orthodoxe, deux tiers des sénateurs ont quitté le Sénat en même temps l’année dernière. Nous sommes 11 élus légitimes au niveau national, dépositaires de la souveraineté nationale », a-t-il ajouté, faisant référence au président de la République et aux 10 sénateurs en fonction.

Alors que depuis le 13 janvier 2020 le chef de l’Etat a totalement ignoré l’existence des dix sénateurs encore en fonction, le nouveau président de ce qui reste du Sénat a affirmé vouloir travailler en étroite synergie avec le président de la  République « afin de remettre le pays sur la voie de la normalité institutionnelle, de la stabilité politique et du progrès… »

Joseph Lambert dit vouloir servir de trait d’union entre les différentes forces politiques de l’opposition et le pouvoir. Il s’offre comme médiateur à la crise pour, a-t-il soutenu, trouver le vivre ensemble. Selon lui, le Sénat va amener les acteurs politiques sur la table du dialogue dans le but d’arriver à un accord politique. Le sénateur a affirmé qu’il veut éviter un chaos au pays.

Dans les prochains jours, les dix sénateurs partiront en retraite afin d’évaluer la situation du pays à tous les niveaux, a annoncé Joseph Lambert. Il a demandé à ses pairs leur total appui dans les décisions qu’il aura à prendre.

Il faut rappeler qu’après la nomination de Fritz William Michel comme Premier ministre en août 2019, Joseph Lambert, déçu du fait qu’il n’a pas été choisi chef du gouvernement, avait annoncé qu’il était dans l’opposition à Jovenel Moïse.  

Le nouveau bureau élu à la tête du Sénat est composé comme suit : Joseph Lambert, président ; Kedlaire Augustin, vice-président ; Jean Marie Ralph Fethière, questeur et Garcia Delva, secrétaire. Huit sénateurs ont voté en faveur de Joseph Lambert et les deux autres ont fait abstention.

Les sénateurs Patrice Dumont, Garcia Delva, Rony Célestin, Jean Rigaud Bélizaire, Denis Cadeau, Jean Marie Ralph Féthière, Wanique Pierre, Joseph Lambert, Kédlaire Ausgustin et  Pierre François Sildor sont les dix parlementaires qui siègent actuellement au Sénat.


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