Que faire du Conseil électoral provisoire ?

Written by on July 28, 2021

Publié le 2021-07-27 | lenouvelliste.com Le Conseil électoral provisoire continue ses opérations en dépit de la conjoncture politique post-assassinat du président Jovenel Moïse. Dans une note en date du 21 juillet le CEP a annoncé qu’une centaine de partis et regroupements politiques ont déjà manifesté leur intention de participer aux prochaines élections. Une étape préalable à l’inscription des candidats en vue des prochaines joutes électorales. En dépit de tout, l’institution électorale proroge jusqu’au vendredi 28 juillet la période d’enregistrement et de confirmation des partis et regroupements politiques. Cette nouvelle date n’est pas inclue dans le calendrier électoral publié par le CEP.

D’après ladite note, le CEP, créé unilatéralement par l’ancien président Jovenel Moïse en marge de la Constitution, est toujours à l’œuvre. Le CEP actuel n’est pas le seul créé en dehors de la Constitution 1987 ou encore celle amendée. Mais contrairement à Jovenel Moïse, d’autres chefs d’Etat prenaient le soin de chercher un minimum de consensus pour mettre en place les CEP ayant précédé celui dirigé par Guylande Mésadieu. Autre anomalie dans la formation du CEP de feu Jovenel Moïse, il n’a pas prêté serment devant la Cour de cassation.

En dépit de sa situation gênante, le Conseil électoral provisoire promet des élections libres, honnêtes et démocratiques. Comment y arriver ? Seuls ceux qui font la promesse ont la réponse. Pour l’instant, rien ne montre que le pays est sur la voie d’élections crédibles. Jusqu’ici, le CEP n’entretient de rapports cordiaux qu’avec les partis politiques proches du régime Tèt Kale. On ne connait pas encore l’identité des partis ou regroupements politiques qui se sont déjà fait enregistrer auprès du CEP en vue de leur participation aux prochaines élections. Pas étonnant qu’ils soient tous proches du régime PHTK. Il est un secret de polichinelle que les deux  versions du régime PHTK avaient favorisé la multiplication des partis et regroupements politiques en vue d’occuper la scène électorale au moment opportun.

A côté de son déficit de légitimité, le CEP ne se donne pas les moyens d’approcher les partis qui étaient en opposition au feu président Jovenel Moïse. Ces derniers contestent aujourd’hui le pouvoir du Premier ministre Ariel Henry. C’est la preuve que la crise politique n’a pas pris fin avec l’assassinat de Jovenel Moïse. Même si le Premier ministre Ariel Henry a la bénédiction de la communauté internationale, des voix s’élèvent pour exiger un consensus entre les acteurs locaux en vue de la résolution de la crise.

Le Premier ministre Henry a le choix entre écouter les voix qui appellent au consensus ou les ignorer. Dans le premier cas de figure, la formation d’un nouveau CEP sera sans doute dans le menu des discussions. N’est-ce pas la condition sine qua non à la tenue d’élections inclusives dans le pays ? Le Premier ministre Ariel Henry peut choisir d’avancer sans tenir compte de ceux qui appellent à un consensus sur la gouvernance du pays. Il donnera ainsi carte blanche à l’actuel CEP pour poursuivre ses opérations avec pour conséquence d’enfoncer le pays davantage dans le chaos.

Contesté par les partis politiques de l’opposition et des organisations de la société civile, le CEP, qui n’a toujours pas prêté serment devant la Cour de cassation, est logiquement un élément de la crise. Les membres du CEP, choisis unilatéralement par l’ancien président Jovenel Moïse, doivent savoir qu’il n’y a aucune possibilité d’organiser, dans les conditions actuelles, des élections inclusives, libres et honnêtes. Quant au référendum constitutionnel que le CEP a aussi le mandat d’organiser, on savait dès le départ qu’il s’agissait d’un projet mort-né. Même ses plus farouches promoteurs ne l’évoquent plus.


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