Séisme dans le grand Sud, des voisins très solidaires dans le sauvetage de vies

Written by on August 18, 2021

Publié le 2021-08-17 | lenouvelliste.com Après le tremblement de terre de janvier 2010 et l’ouragan Matthew en octobre 2016, le séisme du 14 août 2021 est une occasion de plus pour les Haïtiens de montrer au monde entier  qu’ils sont solidaires les uns avec les autres, tout au moins dans le malheur. Tôt dans la matinée du samedi 14 août, rien que quelques minutes après la catastrophe, ils étaient nombreux à être mobilisés afin de sauver des vies sous les décombres. La tâche était ardue, mais devant cette volonté dont faisaient montre ces gens, déplacer une montagne paraissait possible.

Tout avait bien commencé. La ville des Cayes se préparait à fêter la Notre-Dame, son saint patron. La veille du 14 août, très tard dans la nuit, grands et petits faisaient la fête. Malgré la situation à Martissant qui isole le grand Sud et une partie de l’Ouest du reste du pays, l’on s’apprêtait à fêter, et ceci, par tous les moyens. Tandis qu’on était le vendredi, soit jour J-2, il n’y avait presque plus de place ni dans les hôtels ni dans les lignes aériennes. Alors que la population s’était réveillée et commençait déjà à vaquer à ses activités, la terre a tremblé.

Survient un séisme de magnitude de 7.2 et les secousses ont duré plus de trente secondes. Certaines personnes ont eu le temps de quitter leurs maisons et des hôtels en toute hâte pour s’abriter soit dans la rue, soit dans un endroit moins périlleux. Mais tout le monde n’a pas eu cette chance. Après le passage du tremblement de terre, ils étaient plusieurs milliers à se retrouver sous les décombres.

Aux Cayes, l’on a dénombré plusieurs dizaines de maisons privées détruites dans lesquelles aucun mort n’a été recensé. Mais dans d’autres, c’était la désolation. L’on pouvait entendre, de loin, les gémissements, les hurlements. Bref, les cris, de gens qui appellaient à l’aide.

Comme c’est le cas de la grande majorité des villes du pays, les services compétents n’étaient pas au rendez-vous. Les maillots orange de la Direction de la protection civile et les secouristes formés à cet effet n’étaient  pas remarqués. Les sapeurs-pompiers et les gilets rouges de la Croix-Rouge haïtienne non plus. Seuls les voisins et les passants étaient au rendez-vous. La solidarité était totale. Ce qui a permis, malgré les répliques, de sauver des vies.

Munis de marteaux, de scies, de marteaux-piqueurs et bien d’autres outils rudimentaires, ils étaient plusieurs dizaines à essayer de sauver des vies. Ils ont pénétré dans les profondeurs des maisons et bâtiments effondrés. Dans la ville des Cayes, ils étaient plus nombreux à l’hôtel Le Manguier, des sauveteurs occasionnels. Certains d’entre eux ne se contentaient pas uniquement de casser les bétons, un dur labeur pour des gens dont la plupart ne pratique pas le métier de la construction; ils acceptaient aussi de mettre leur vie en danger en se glissant sous les décombres afin d’aider ceux qui ont été coincés soit par une poutre, une masse de béton ou un objet lourd.

« Je remercie Dieu et tous ceux qui m’ont permis d’avoir la vie sauve en risquant leur vie pour me sauver des ruines de ma maison », a soupiré Jeannot Jaquelin, qui a passé quelques heures sous les décombres. À l’hôpital Immaculée Conception des Cayes, vers 10 heures du matin, soit moins de deux heures après le séisme, on a remarqué, à côté de M. Jacquelin,  plusieurs personnes qui ont été secourues sous les décombres grâce à la célérité des voisins.

Cette situation était la même dans presque toutes les régions touchées par cette catastrophe. Il a fallu plusieurs heures avant de voir les premiers secouristes institutionnels et les matériels lourds pouvant remplir cette tâche. Ce matériel a surtout permis de dégager des cadavres. L’État a mis trop de temps à se mobiliser. Si certains sont morts dès les premiers instants, d’autres l’ont été faute d’une mobilisation immédiate, car les outils rudimentaires utilisés par la population avaient leur limite.

La société haïtienne, notamment les voisins,  s’est fortement mobilisée pour essayer de sauver des vies. À ce niveau, la population a bien  rempli sa part du contrat. Malheureusement certaines personnes sont mortes avant d’arriver à l’hôpital ou seulement quelques minutes après avoir atteint la salle des urgences. Si les institutions compétentes s’étaient mobilisées plus rapidement, peut-être qu’on aurait pu sauver plus de vies.


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