Un tribunal turc rejette la demande de libération d’un suspect de l’assassinat du président Jovenel Moïse

Written by on June 1, 2022

Publié le 2022-05-31 | lenouvelliste.com « Un tribunal d’Istanbul a ordonné le retour en détention de Samir Handal, l’homme d’affaires accusé d’implication dans l’assassinat du président haïtien Jovenel Moïse ayant demandé sa libération lors d’une audience lundi », peut-on lire dans une dépêche de Dayli Sabah, en Turquie, lundi 30 mai 2022.

Handal a été arrêté à l’aéroport d’Istanbul en novembre 2021 alors qu’il se rendait en Jordanie pour une correspondance. Il était l’un des suspects recherchés avec une « notice rouge » internationale par Interpol pour l’assassinat de Moïse le 7 juillet 2021. Il est détenu dans une prison de haute sécurité dans la capitale, Ankara. Il a assisté à l’audience par liaison vidéo.

Le tribunal a déclaré que les autorités haïtiennes n’avaient pas encore répondu à une lettre concernant les garanties relatives à la condamnation de Handal afin de vérifier s’il serait soumis aux travaux forcés. Le tribunal a demandé plus d’assurance quant à la conformité de sa condamnation avec les accords internationaux relatifs aux droits de l’homme auxquels la Turquie est partie, selon cette dépêche.

Pour sa part, Handal a nié les accusations et affirmé avoir simplement été cité dans le complot d’assassinat pour avoir loué un local aux suspects impliqués dans la tentative. L’entrepreneur a affirmé qu’il n’était pas au courant d’un quelconque complot lorsqu’il a loué un bureau à un médecin inculpé dans l’assassinat. Son avocat turc a demandé au tribunal de le libérer, en invoquant la suppression d’une notice rouge d’Interpol. L’audience a été reportée à une date sine die

Plus de 40 suspects arrêtés dans le cadre de l’assassinat du président Jovenel Moïse, chez lui, à Pèlerin 5. L’homme d’affaires haïtiano-chilien Rodolphe Jaar, arrêté en République dominicaine en janvier, et l’ex-soldat colombien Mario Antonio Palacios, arrêté au panama et l’ex-sénateur John Joël Joseph, arrêté en Jamaïque, tous inculpés, sont incarcérés aux Etats-Unis.

La justice américaine, fin avril, avait décidé de nommer un agent de sécurité du ministère américain de la Justice pour gérer et présenter uniquement au juge fédéral Jose Martinez des « preuves sensibles », classées « sécurité nationale », afin de protéger le travail d’infiltration d’anciens informateurs du gouvernement américain soupçonnés d’avoir comploté l’assassinat du président haïtien, Jovenel Moïse, a rapporté le Miami Herald, 28 avril 2022.

Si l’ordonnance de protection dans l’affaire de Miami peut contribuer à éviter aux forces de l’ordre américaines de se retrouver dans l’embarras ou de révéler ce qu’elles ont pu savoir sur les menaces pesant sur la vie de Moïse avant son assassinat, elle ne contribue pas à améliorer l’image des États-Unis en Haïti, où des questions persistent sur ce que les responsables américains savaient du complot d’assassinat, selon cet article. Les liens de certains suspects emprisonnés avec la DEA et le FBI continuent d’alimenter les soupçons quant à l’éventuelle implication de ces agences, ce que ces dernières ont démenti.

La décision des États-Unis de protéger des preuves classifiées intervient alors que l’affaire séparée en Haïti est au point mort : le mandat du quatrième juge d’instruction a expiré sans qu’aucune accusation formelle ait été portée contre l’un des quelque 40 suspects toujours emprisonnés à Port-au-Prince des mois après l’assassinat du président haïtien en juillet dernier.


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