Nu Look et Arly Larivière au-delà de l’Olympia

Written by on April 20, 2022

Publié le 2022-04-18 | lenouvelliste.com Nu Look vient de faire salle comble à l’Olympia, à Paris. La salle mythique, qui voit passer les plus grands artistes du monde depuis 1893, a vibré au son du compas direct le dimanche de Pâques. Pendant plus de deux heures et trente minutes- un court entracte mis à part-, Arly Larivière n’a jamais lâché le micro. L’ancien chanteur de charme, King autoproclamé du konpa, a fait le show à fond ! Arly a dansé, parlé, chanté, rendu hommage, devant une assistance debout et en liesse. Arly a même chuté et s’est légèrement blessé sur la scène de l’Olympia, comme pour marquer son passage, avec son sang, sur les planches où les plus grands artistes ont sué, voire plus, pour bénéficier de la fidélité du public. La fête des 22 ans de Nu Look et des 25 ans de carrière professionnelle d’Arly était à la hauteur des espérances du compas et des amants de l’héritage de Nemours Jean Baptiste. Interview d’après spectacle.

Frantz Duval : Le 17 avril, Nu Look a donné son concert à l’Olympia. Ce n’était pas cette date qui était prévue au départ. Racontez-nous les péripéties de ce concert.

Arly Larivière : L’événement était prévu le 13 février 2022. Mais à cause de la pandémie, la France avait adopté des mesures de restriction s’étalant de décembre 2021 jusqu’au 16 février 2022. Nous avons dû reporter l’affiche. Je sais que cela n’a pas plu à tout le monde. Mais nous étions obligés.

F.D. : Quel est le sens de ce concert pour Nu Look ?

A.L. : Je pense que c’est le couronnement de tous nos efforts. C’est une consécration. C’est une confirmation de carrière. En 22 ans, nous avons connu des moments difficiles. Ce concert est une récompense après toutes les souffrances et péripéties que nous avons endurées. Nous ne nous sommes jamais détournés de notre objectif principal qui consiste à produire afin de plaire au public. A cause de l’adversité, on dit beaucoup de choses. Mais à Nu Look, on voulait maintenir notre identité, rester nous-mêmes et offrir ce que nous savons faire : la bonne musique. Le concert du dimanche 17 avril 2022 est le résultat de plusieurs années de travail. C’est ce que nous estimons au sein de l’équipe.

FD : Vous avez également souligné que vous célébrez vos 25 années de carrière professionnelle…

AL : Je parle de 25 ans de carrière professionnelle parce que j’ai débuté dans la musique depuis bien avant. Je jouais depuis l’école ; Arly a débuté comme musicien au sein de CND Express (chez les pères du Collège Notre-Dame dans sa ville natale, puis est passé à Kazak Feeling jusqu’à Lakol au Cap-Haïtien, NDLR) Quand je parle de carrière professionnelle, je fais référence à mes expériences avec Zenglen, D-Zine et Nu Look.

FD : Aujourd’hui, il y a un autre Arly Larivière. Celui qui était derrière le clavier, le chanteur de charme, a laissé sa place à un « front man », un lead vocal, qui harangue son public. Racontez-nous cette métamorphose.

AL : (rires). Nu Look était toujours un mélange de deux styles. Quand j’ai pris la décision de dire « I got this » je savais que je devais m’ajuster afin de jouer les deux rôles. Oui, on me connaissait comme Arly le charmeur. Je n’avais pas de contact direct avec le public. Maintenant, dans mon rôle de « front man », je suis obligé de travailler sur ma communication avec le public. C’est très important. C’est ce qui motive le public. Les gens aiment participer au show. Cela nous a pris du temps pour le comprendre. Derrière le clavier, je me faisais une petite idée de ce que cela requiert. Cela m’a facilité la tâche. Ce n’est pas un cadeau. C’est le fruit de beaucoup d’efforts et de travail.

FD : Arly derrière son clavier est seulement pour le studio ?

AL : Seulement (rires).

FD : Vous avez joué avec une formation de Nu Look un peu différente. Qui était là ? Qui était absent ?

AL : Malheureusement, on a refusé le visa à quatre de nos musiciens. Nous avons entrepris beaucoup de démarches qui n’ont pas abouti. Je ne sais pas pourquoi. J’en parlerai avec le promoteur pour en déterminer la raison exacte. Nos deux guitaristes, une choriste et un keyboardiste n’ont pas pu voyager avec nous. Nous avons dû les remplacer par des musiciens qui comprennent notre musique. Nous avons fait appel à Patrick, un ami de vieille date, Yanick qui connaît parfaitement bien Nu Look, Nono « Dwèt file » qui avait déjà joué avec nous en Haïti, et Alex, un guitariste qui sera sur notre prochain album.

FD : Pourriez-vous énumérer les étapes marquantes au cours des 22 ans de Nu Look jusqu’au concert à l’Olympia ?

AL : En réalité, je ne retiens pas assez les succès. Je me souviens du spectacle du 20e anniversaire à l’hôtel El Rancho, de notre passage en Guyane en 2015, de la ferme Perrine en Martinique, etc. Nos concerts au Cap-Haïtien nous marquent aussi. C’est toujours très spécial de jouer au Cap-Haïtien. Mais ce qui me motive le plus, ce sont les difficultés. Cela me pousse à apporter des corrections. Je ne me souviens pas vraiment des grandes prestations. C’est sûr que je vais me souvenir éternellement de l’Olympia. Ce moment est inoubliable. Mais je ne suis pas marqué par les succès. Si vous me parlez des difficultés, je peux vous en dire beaucoup.

FD : Énumérez-nous certaines de vos difficultés.

AL : L’expérience 22-22 Zenglen-Nu Look au Djoumbala m’a marqué (ce bal très attendu à l’époque n’avait pas pu se tenir et le club avait été saccagé (NDLR). Nous en avons tiré beaucoup de leçons. Il y a eu beaucoup d’autres mauvaises expériences. Elles nous ont permis de corriger beaucoup de choses et de parvenir là où nous sommes aujourd’hui. Nous avons compris qu’il fallait mettre du sérieux dans ce que nous faisons afin d’exister dans l’industrie.

FD : Nu Look avait la réputation d’être toujours en retard. Vous avez également apporté une correction à ce niveau ?

AL : Tout à fait. Cela a permis que l’on joue à l’Olympia. Dans cette salle, la ponctualité est impérative. Tout est chronométré. Nous étions dans la salle depuis 4 heures de l’après-midi alors que le spectacle était prévu pour 8 heures. Nous ne lésinons plus sur la ponctualité.

FD : Hier, vous avez rendu deux hommages : l’un à votre père Daniel Larivière et l’autre à André Déjean des Frères Déjean de Pétion-Ville. Pourquoi ces deux hommages ? Que représentent-ils pour vous ?

AL : Monsieur André Déjean est un nom dans la musique haïtienne. C’est un privilège de partager une scène avec André Déjean. Quand vous l’avez sur scène, il faut que les gens le remarquent. Il était important de faire chanter Marina des Frères Déjean de Pétion-Ville par le public.
En ce qui concerne mon père, il m’a introduit à la musique. Il m’a acheté mon premier keyboard quand j’étais encore gamin. Je ne me souviens plus de l’année. Mon amour pour la musique, je le tiens de mon père. Ma carrière musicale a beaucoup à voir avec mon papa. Je ne pourrais pas célébrer mes 25 ans de carrière sans mentionner la cause de mon amour pour la musique. Il m’était impossible de célébrer sans créer un espace pour le remercier. Même s’il ne voulait jamais que je devienne musicien. Mais l’Éternel en a décidé autrement. C’était important pour moi de le remercier pour tout ce qu’il représente pour moi et pour ce qu’il m’a légué en héritage.

FD : Quelles sont les prochaines étapes pour Nu Look ?

AL : Nous allons continuer à travailler, à programmer des affiches aux États-Unis. Notre prochain album doit paraître dans quelques mois. Nous avons une affiche à Bercy, « la Nuit d’outre-mer », en novembre. Nous aurons des spectacles en Guadeloupe, Martinique, etc.
Quoique la situation est difficile en Haïti, nous y serons certainement en été prochain pour offrir au public la prestation de l’Olympia. J’amènerai Olympia à Port-au-Prince. Je suis obligé de le faire. Parce que c’est Port-au-Prince, le Cap-Haïtien, Hinche, les Cayes, Ouanaminthe, etc. qui détiennent la paternité de l’Olympia. Nous devons remercier le public en Haïti pour son support et son amour.

FD : Hier soir, il y avait le compas, les frères Déjean, Tropicana, Daniel Larivière, Nu Look, Arly à l’Olympia. Quel regard portez-vous sur le compas aujourd’hui ?

AL : Je pense que ça va très bien dans la production. Les groupes essaient de soigner ce qu’ils produisent. Il y a de jeunes talents qui émergent. Il y a de jeunes groupes qui ont émergé. Ils ont marqué la période de la pandémie. Ils continuent leur route. Je crois que le compas est sur une bonne voie. Il revient aux musiciens d’identifier ce qu’exige le public, les consommateurs, afin de mieux les servir.

FD : Les femmes sont très à la mode dans le compas ces derniers temps. Beaucoup de groupes cherchent les services d’une chanteuse. On verra cela prochainement dans Nu Look ?

AL : Nous observons et on verra.

FD : Dans le prochain album il y aura un duo entre Arly k ap plenyen et une femme ?

AL : Rires. On n’est pas encore arrivé là. Je ne sais pas encore. On continue de travailler.

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 Propos recueillis par Frantz Duval et retranscrits par Jean Daniel Sénat
Légendes
FD : Frantz Duval
AL : Arly Larivière


Reader's opinions
  1. Николай   On   April 25, 2022 at 2:55 pm

    Российской Федерации военное руководство перестало уплачивать компенсацию членам семьи армейских, что заполучили травмы либо погибли, принимая участие в военных действиях против Украины. Родителям 1-ых молвят, что именно они располагались на учениях, а последним, что они пропали без вести, как, скажем мореплаватели судна “Москва”. Рассудительные родители собственных детей-военных теперь уже удостоверили их всех не принимать участие в военных действиях насупротив Украинского государства. Тем самым именно они сберегли им жизнь и форсировали на один шаг пришествие мира.

  2. Wenona Faul   On   May 17, 2022 at 2:59 am

    You really make it seem so easy with your presentation but I find this matter to be actually something which I think I would never understand. It seems too complicated and very broad for me. I’m looking forward for your next post, I’ll try to get the hang of it!

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